Présentation de l’artiste

 

 

 

Chantal Bourgeois est une artiste-photographe née à Montréal en 1966. Elle a étudié les arts plastiques à l’UQAM, d’où elle a été diplômée en 2000, des études qui lui ont permis la pratique avec aisance de différentes techniques mixtes utilisant des matériaux comme le sable, le métal, le bois,  l’acrylique, qu’elle intègre à ses premières peintures, à ses sculptures et à des objets décoratifs et qu’elle représente aujourd’hui dans ses créations photographiques. La pratique du théâtre de marionnette et de l’improvisation lui ont permis de développer une imagination vive, qui lui permet de voir ce qui s’enfuit, ce qui s’échappe et d’en faire une histoire à raconter.

 

Une exposition en 2002 à la Casa Obscura, présentait pour la première fois ses œuvres au public. 

 

Elle a découvert la photographie lors de ses voyages au Costa-Rica, au Guatemala, au Chili, en Bolivie, en Afrique et dans l’ouest canadien, d’où elle revenait avec peu de paysages, peu de portraits, mais avec des centaines de photos de métal oxydé, de pierre érodées ou de traces d’insectes sur le sable, etc. Elle y a aussi découvert la pratique des carnets de voyages.

 

Cet œil de carnettiste, l’artiste le pose dans ses promenades montréalaises, sur ce qui est laissé pour compte dans l’espace urbain, sur ce qui est éphémère, passager, momentané, périssable, sur ce qui est confronté à l’usure du temps.

 

Carnet urbain est une exposition qui aborde ce point de vue particulier de l’artiste sur des signes fugaces et singuliers qui apparaissent et meurent sur des matériaux en disgrâce, le temps de raconter un dernier songe, de fredonner un chant, de raconter un poème. Ainsi naissent un « Un Riopelle dans la poubelle » au fond d’un conteneur, une « Samba » sensuelle sur un échangeur routier ou un « Génie » sous la glace, etc.

 

Chantal Bourgeois n’est pas une spécialiste de la photographie. Son œuvre au plan technique est en évolution vers une plus grande maîtrise de la lumière et vers de plus grands formats. Son style est cependant déjà incisif et marqué par une approche « écologique » ou les matières dites résiduelles  revivent en tissant de nouveaux  liens avec la culture et avec l’histoire.

 

 

Jean Marois